Pandémie grippale 2017: hôpitaux sous tension

Depuis quelques jours, nous devons faire face à un contexte d’épidémie de grippe saisonnière. Tout au long de l’année, l’ensemble des personnels hospitaliers de l’Oise ainsi que les médecins déploient leur énergie pour prendre en charge et soigner, avec un grand professionnalisme, toutes celles et ceux qui se présentent dans les services d’urgence. Ils doivent effectuer leurs missions quotidiennes dans des conditions particulièrement difficiles et dégradées.

Hôpitaux en danger:

Nos hôpitaux déjà bien souvent débordés, en temps « normal », et encore plus, dans cette période d’épidémie de grippe, révèlent la triste réalité d’un service public hospitalier laminé réforme après réforme. Ce service public se retrouve volontairement vidé de sa substance initiale de droit et d’accès aux soins pour tous.

A l’heure, où les décisions gouvernementales prévoient la fermeture supplémentaire de 17 000 lits et de 22 000 postes soignants pour 2017, comment pouvons-nous encore espérer avoir un système sanitaire efficace. Les conséquences de ces réformes sont visibles dans l’Oise comme dans toute la France et entraînent souvent de l’attente très prolongée et des situations difficiles dans les services d’urgences, situation de surcroît aggravée par la pénurie de la médecine de ville.

Une ministre de la santé qui minimise la catastrophe:

Comment est-il possible qu’en 2017 nos hôpitaux puissent être débordés par une épidémie de grippe saisonnière ? Pour seule réponse la ministre de la Santé déclarait le 21 décembre dernier « (…) J’ai adressé aujourd’hui un message à l’ensemble des hôpitaux pour qu’ils soient particulièrement vigilants et déclenchent, si nécessaire, leurs plans habituels de mobilisation. Toutes les mesures nécessaires sont prises pour accueillir à l’hôpital les patients ayant besoin d’être hospitalisés ».

Comment la ministre de la santé peut-elle demander toujours plus au personnel hospitalier, tout en poursuivant sa politique d’austérité qu’elle mène en poursuivant la suppression de lits, sous prétexte d’un virage ambulatoire, en imposant les Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT) pour favoriser la mutualisation et la fusion de services accentuant les difficultés de prises en charges.

Hôpitaux en tension:

La pandémie grippale a permis de mettre en lumière des situations critique, avec des agents au bord de l’épuisement, des services d’urgences débordés, un manque de lits d’hospitalisations, des déprogrammations massives d’hospitalisations et d’intervention chirurgicale…. Pour toutes ces raisons, nos trois hôpitaux pivots ont atteint le niveau 3 du plan hôpital en tension. Nous professionnels de santé, ne pouvons décemment pas croire aux effets d’annonces faits par la ministre aux médias, d’une situation gérée. La réalité nous la connaissons pour la vivre au quotidien.

  • L’hôpital de Beauvais a qui l’ARS a fait fermer ces deux dernières années 94 lits (soit 3 services), a dû rouvrir en urgence 13 lits (le 6 janvier), portés à 20 lits depuis le 17 janvier. Une réouverture devant s’effectuer sans moyens matériels ni humains supplémentaires. Comment peut-on se satisfaire, pour faire fonctionner cette réouverture de service et de lits, de demander à des agents «volontaires» de travailler, en 12 heures, sur leurs repos avec des effectifs ne permettant pas de garantir la sécurité des soins (un infirmier et un aide-soignant par période de 12 heures), aux détriments de toutes les règles de sécurités et en totale contradiction avec la réglementation du travail.
  • L’hôpital de Compiègne-Noyon doit faire face à un pic d’activité tout en constatant le manque quotidien de 14 médecins urgentistes. De plus, pour permettre de prendre en charge les victimes de cette pandémie, des lits supplémentaires ont dû être rouvert sans effectifs soignants supplémentaire. Le turn-over important des patients et la « valse » de l’occupation des lits, dans les différents services, provoquent un pic d’activité important pour le personnel. Ces conditions catastrophiques de fonctionnement ont conduit cet hôpital à la limite du déclenchement d’un plan blanc.
  •  L’hôpital de Creil-Senlis (GHPSO) doit également faire face un pic d’activité. Le service des urgences est saturé par la prise en charge de personnes âgées souffrantes de problèmes saisonniers (grippe, bronchite, …). Pour faire face à cet afflux massif de malade, des lits supplémentaires ont dû être rouvert sans personnel supplémentaire, dans un établissement fonction déjà à « flux tendu ». Les malades devant être hospitalisés sont répartis sur l’ensemble des services sans tenir compte des spécialités.
  • Les hôpitaux locaux qui se sont vus et continuent d’être vidés de leurs substances au profit des hôpitaux pivots, se retrouvent mis dans le maillage de prise en charge de la grippe pour désengorger les plus gros établissements de santé.
  •  Dans les maisons de retraites et les EPHAD, le manque criant de personnel soignant travaillant à flux tendu quotidiennement, ne permet plus de prendre correctement en charge nos ainées et ce au plus grand regret du personnel. Ce manque de personnel et de moyen aura fatalement des conséquences sur le taux de mortalité lié à cet épisode de grippe.

Devant ce constat accablant, les professionnelles de santé CGT exigent :

  • l’abrogation de la loi HPST (dite loi Bachelot) et de la loi santé (dite loi Touraine),
  • l’abandon de la « territorialisation » de l’offre de soins, des Groupements Hospitaliers de Territoire, et des restructurations,
  • le respect de la vie privé et des repos des agents,
  • l’arrêt immédiat des fermetures de lits et des suppressions de postes,
  • la réouverture des lits et des services fermés qui sont aujourd’hui rouvert,
  • l’embauche de personnel suffisant pour permettre de retrouver un fonctionnement « normal » dans nos hôpitaux, EHPAD et maisons de retraite
  • de redonner leurs fonctions d’origines aux hôpitaux locaux, transformé aujourd’hui en EPHAD

cliquez ici pour charger la lettre adressée à l’ARS:lettre grippe oise

 

Imprimer cet article Télécharger cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *